La réalité des prix : reconnaissons d’abord les épreuves
Inutile de le nier, les dernières années ont été éprouvantes pour les ménages marocains. Entre 2022 et début 2024, l’inflation a atteint des sommets historiques, avec un pic de 10,1% en février 2023. Nos paniers ont connu des hausses jamais vues : l’huile, les œufs, la viande, les céréales… presque tous les produits de base sont devenus difficilement accessibles pour bon nombre de familles.
Même si l’inflation ralentit aujourd’hui, cela ne signifie pas que les prix baissent massivement. Ils augmentent simplement moins vite. Et pour beaucoup d’entre nous, le coût de la vie reste élevé par rapport à nos revenus. Cette réalité, nous devons la reconnaître avant de parler de perspectives d’amélioration.
Les premiers signes encourageants arrivent
Cela dit, après des années de tempête, les données récentes montrent enfin un changement de direction. L’inflation alimentaire a enregistré -1,5% en novembre 2025, la plus forte baisse depuis mars 2021. Bank Al-Maghrib prévoit une inflation maîtrisée à 1,3% en 2026, contre 0,8% en 2025.
Ces chiffres ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent directement de la bénédiction des pluies abondantes que Dieu nous a accordées après sept années de sécheresse. Nos barrages sont passés de 28% à 47,8% de remplissage en un an. Cette eau, permet à notre agriculture de redémarrer et d’offrir une production locale qui stabilise progressivement les prix.
Le lien entre nos champs et votre panier
Beaucoup se demandent : quel rapport entre l’agriculture et mes courses ? Le lien est direct et vital. Quand nos terres produisent bien grâce aux pluies, l’offre de produits locaux augmente. Plus d’huile d’olive marocaine grâce à une récolte abondante, plus de céréales cultivées localement, plus de légumes disponibles sur nos marchés.
Cette production locale réduit notre dépendance aux importations coûteuses et permet, progressivement, de freiner l’inflation. Le HCP prévoit que la consommation des ménages progressera de 4,1% en 2026, soutenue notamment par l’amélioration des revenus agricoles dans les zones rurales et la stabilisation des prix.
À l’approche du Ramadan : prudence et espoir
Avec le mois sacré qui s’approche, les familles scrutent naturellement l’évolution des prix. Les signaux sont plus encourageants que les années précédentes : les fruits ont baissé de 6,4% entre octobre et novembre, les huiles se sont stabilisées, et la viande devrait être plus accessible grâce au programme de reconstitution du cheptel (12,8 milliards de dirhams investis).
Soyons réalistes : le Ramadan 2026 ne sera pas celui de 2019. Les prix restent élevés. Mais si Dieu le veut, il sera moins difficile que celui de 2024. C’est déjà une amélioration qu’il faut saluer.
Tout est possible si on s’en donne les moyens
Cette embellie climatique et économique nous enseigne quelque chose d’essentiel : quand on investit dans notre agriculture, quand on valorise notre production locale, quand on gère nos ressources avec sagesse, nous pouvons inverser la tendance.
L’agriculture marocaine a montré qu’elle peut rebondir spectaculairement : +10% de croissance en 2026 pour le secteur primaire. Mais cette performance ne tombera pas du ciel chaque année. Elle nécessite des investissements continus dans l’irrigation intelligente, dans le soutien aux agriculteurs, dans la modernisation de nos pratiques.
Notre responsabilité collective
Si nous voulons que cette amélioration devienne durable et non pas juste une parenthèse entre deux crises, nous devons tous y contribuer :
Les consommateurs en valorisant les produits locaux de saison plutôt que les importations.
Les agriculteurs en adoptant les techniques durables qui économisent l’eau et améliorent les rendements.
L’État en poursuivant les programmes structurants et en protégeant notre souveraineté alimentaire.
Les commerçants en jouant la transparence sur les prix et en évitant la spéculation.
La baisse de l’inflation à 1,3% prévue pour 2026 n’est pas acquise. Elle dépend de notre capacité collective à maintenir cette dynamique positive.
Une perspective réaliste mais porteuse d’espoir
2026 ne sera pas l’année du miracle où tous les prix reviendront à leurs niveaux d’avant-crise. Mais elle peut être l’année où nous commençons à reprendre notre souffle, où les prix se stabilisent, où l’espoir renaît progressivement.
Le pouvoir d’achat moyen a progressé de seulement 1,6% par an entre 2012 et 2024. C’est insuffisant, et nous le savons tous. Mais si nous capitalisons sur cette reprise agricole, si nous continuons d’investir dans notre autosuffisance alimentaire, si nous gérons prudemment nos ressources en eau, alors oui, tout est possible.
Que Dieu bénisse nos terres, nos efforts, et nos familles. Et que cette année 2026 marque le début d’une vraie amélioration durable pour tous les Marocains.



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