Est-ce que vous vous souvenez de ces 7 dernières années où chaque saison agricole commençait avec l’angoisse du manque d’eau ? Cette période difficile est officiellement terminée. Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, l’a confirmé lundi 13 janvier devant la Chambre des représentants : le Maroc a dépassé le stade de la sécheresse. Pour nos agriculteurs qui ont tenu bon malgré les épreuves, c’est une nouvelle ère qui commence, et Dieu merci, les indicateurs sont au vert.
Des chiffres qui redonnent espoir
Les données officielles présentées par le ministre parlent d’elles-mêmes. Entre le 1er septembre 2025 et le 12 janvier 2026, le cumul pluviométrique a atteint 108 mm, soit un excédent de 95% par rapport à l’année précédente et de 17,6% par rapport à la moyenne saisonnière. Ces pluies ont généré des apports en eau de 3,5 milliards de m³, dont 3,1 milliards enregistrés rien qu’en décembre. Le taux de remplissage des barrages est passé de 28,31% en janvier 2025 à 46,03% en janvier 2026, avec un volume total de 7,71 milliards de m³. C’est une hausse de près de 50% en un an, soit un gain de plus de 2,34 milliards de m³. Concrètement, cela représente une année supplémentaire d’eau potable garantie au niveau national.
Les barrages retrouvent des niveaux encourageants
La répartition régionale des ressources hydriques montre une amélioration généralisée. Le bassin du Bouregreg affiche un taux exceptionnel de 94,98% avec 1,27 milliard de m³, porté par le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah qui atteint 99,25% de remplissage. Le bassin du Tensift enregistre 71,33% de taux de remplissage avec 162,13 millions de m³, tandis que le Loukkos affiche 62,89% avec 1,20 milliard de m³. Même les bassins traditionnellement déficitaires montrent des signes de reprise : Drâa-Oued Noun à 29,83% et Oum Er Rbia à 20,8%. Le barrage Al Wahda à Taounate a gagné 50,9 millions de m³ en 24 heures seulement, portant son taux à 55,9%. Ces chiffres ne sont pas que des statistiques, ils représentent des milliers d’hectares qui pourront être irrigués et des milliers de familles rurales qui retrouvent la sérénité.
Une campagne agricole qui redémarre sur des bases solides
Le Haut-Commissariat au Plan prévoit une production céréalière de 44 millions de quintaux pour la campagne 2024-2025, en hausse de 41% par rapport à la campagne précédente. La superficie emblavée atteint 2,6 millions d’hectares. Pour 2026, les projections tablent sur une croissance du secteur agricole de 3,3%, profitant de la consolidation des autres cultures et de l’amélioration de l’activité d’élevage. La valeur ajoutée agricole devrait progresser de 4,7% en 2025 après un recul de 4,8% en 2024. Ces performances se traduisent directement dans l’économie nationale : le HCP prévoit une croissance globale de 4,2% au premier trimestre 2026, portée notamment par l’agriculture. Les revenus agricoles s’améliorent, la confiance revient, et nos exploitations reprennent leur rythme de croisière.
Des chutes de neige exceptionnelles pour l’avenir
Au-delà des pluies, le royaume a enregistré des chutes de neige exceptionnelles couvrant 55 495 km² avant de se stabiliser à environ 25 000 km². Cette neige constitue une réserve stratégique qui alimentera progressivement les cours d’eau et les nappes phréatiques durant les mois à venir. C’est une assurance supplémentaire pour la continuité de la campagne agricole, particulièrement pour les cultures de printemps et d’été. Les éleveurs voient aussi la biomasse fourragère se reconstituer, réduisant considérablement la pression sur l’achat d’aliments pour le bétail et soulageant leur trésorerie après des années difficiles.
La stratégie de dessalement se poursuit
Le ministre Nizar Baraka a insisté sur la poursuite de la politique de dessalement de l’eau malgré cette amélioration. De nouvelles stations sont en cours de lancement à Nador, Driouch et Tanger, et d’autres sont programmées pour 2027 à Souss-Massa, Tiznit, Guelmim, Tan-Tan et Rabat. Cette vision à long terme montre que le Maroc tire les leçons de cette période de sécheresse. L’eau ne doit plus jamais être considérée comme acquise. L’investissement dans le dessalement garantit la sécurité hydrique du pays même en cas de retour de périodes sèches. C’est une approche responsable qui combine l’optimisme retrouvé avec la prudence nécessaire pour anticiper l’avenir. Nos agriculteurs ont prouvé leur résilience durant ces 7 années, maintenant ils méritent des infrastructures qui les protègent durablement.



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