Les crues soudaines survenues en décembre 2025, particulièrement à Safi, ont tragiquement fait 37 victimes et révélé les limites persistantes de la gestion des risques liés à l’eau, malgré les efforts d’investissement et de modernisation du pays.
Réseaux d’eau : avancées et vulnérabilités
Les réseaux d’eau et de gestion des bassins hydrauliques font l’objet de réformes majeures : modernisation des barrages, mise en place de systèmes d’alerte précoce et développement de modèles hydrologiques dans des bassins comme Bouregreg ou Sebou. Plus de 126 millions de dirhams ont été investis en 2025 rien que pour le bassin du Sebou, afin d’améliorer le suivi, la protection et la régulation des ressources. Cependant, la répartition des bénéfices de ces investissements reste inégale : certaines zones reculées et urbaines à forte densité restent exposées aux inondations et à la mauvaise répartition des eaux.
L’autoroute de l’eau : progrès et inégalités
L’autoroute de l’eau, projet stratégique pour relier les principaux bassins du pays, a permis de sécuriser l’accès à l’eau pour des millions de citoyens et d’éviter les pénuries dans les zones urbaines et agricoles critiques. Toutefois, de nombreuses voix expriment la crainte d’un renforcement des inégalités territoriales, les zones rurales et périphériques bénéficiant moins de ces grands projets. La question de la répartition équitable et de la pérennité du système reste centrale dans le débat public.
Attentes citoyennes : prévention et transparence
La population marocaine attend davantage de transparence, d’efficacité et d’inclusion dans la gestion des ressources hydriques. Les récentes catastrophes ont relancé le débat sur l’importance de politiques proactives intégrant la prévention des inondations et la gestion durable des ressources. L’opinion exige que les investissements ne se limitent pas à l’approvisionnement urbain, mais renforcent la résilience des territoires face aux aléas climatiques et aux inégalités territoriales.
Vers une gouvernance de l’eau plus inclusive
Le succès de l’autoroute de l’eau et des projets de gestion hydrique dépend de leur capacité à répondre à la fois aux urgences climatiques et aux attentes citoyennes. Les prochaines étapes doivent consister à :
- Renforcer la surveillance et l’alerte en zones à risque.
- Accélérer la modernisation des réseaux de distribution et de stockage d’eau.
- Développer des solutions d’adaptation locale, comme la recharge des nappes et la désalinisation alimentée par des énergies renouvelables.
- Sensibiliser et réguler l’usage des ressources, notamment auprès des agriculteurs et industriels.



Leave a Reply