Contrairement aux projections de la saison précédente, qui jugeaient improbable un retour du litre sous les 100 DH, la nouvelle campagne oléicole a fait chuter les prix à environ 50 DH dans plusieurs régions comme Ouezzane et El Kelâa des Sraghna. Cette correction spectaculaire s’explique par une production nationale en forte hausse et par un rendement qui atteint jusqu’à 18 litres par quintal dans certaines communes, bien au-dessus de l’an dernier.
De la crainte à une baisse historique
Les années 2023 et 2024 avaient vu le litre dépasser les 100, voire 110 DH, transformant l’huile d’olive en produit quasi‑de luxe pour de nombreux foyers. Désormais, les professionnels annoncent des prix compris entre 50 et 60 DH le litre selon la qualité, le conditionnement, le transport et les frais de stockage, en particulier dans des zones à forte vocation oléicole comme Ouezzane, Moulay Yaâcoub ou Tata.
Selon les estimations nationales, la campagne 2024‑2025 pourrait approcher les 200 000 tonnes d’huile, ce qui ramène le marché à un niveau plus confortable après deux récoltes déficitaires. Les conditions climatiques moins sèches, combinées à l’irrigation localisée et à la diffusion de bonnes pratiques via des plateformes de démonstration, ont permis une nette amélioration des rendements à l’hectare.
Impacts pour agriculteurs et ménages
Pour les oléiculteurs, la hausse des volumes compense en partie la baisse du prix unitaire, surtout dans les exploitations qui atteignent des rendements de 15 à 18 litres d’huile pour 100 kg d’olives. Beaucoup de producteurs évoquent un « retour de la dignité » après des campagnes où la sécheresse avait réduit la récolte et renchéri les coûts de production.
Les ménages, eux, profitent enfin d’une huile qui redevient accessible sans sacrifier la qualité, alors que la consommation nationale avoisine 140 000 tonnes par an. Cette détente sur les prix devrait également réduire le recours à des huiles de moindre valeur nutritionnelle, ce qui est positif pour la santé publique dans un pays où l’huile d’olive reste un pilier de l’alimentation quotidienne.
Qualité, contrôles et risques de fraude
La baisse des prix ne supprime pas le risque de fraude, mais elle réduit l’incitation à certaines pratiques spéculatives dénoncées lorsque le litre flirtait avec les 120‑140 DH. Les autorités sanitaires ont d’ailleurs renforcé leurs contrôles : lors de la campagne 2024‑2025, plus de 40 tonnes d’huile non conforme ont été détruites et plusieurs autorisations d’unités de trituration ou de conditionnement ont été retirées ou suspendues.
Les consommateurs sont ainsi encouragés à privilégier les circuits transparents (coopératives locales, groupements d’intérêt économique, points de vente labellisés) et à exiger un étiquetage clair sur l’origine, la catégorie d’huile et la date de trituration, afin de profiter pleinement de cette baisse historique sans renoncer à la sécurité sanitaire.



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