Le Maroc et plusieurs pays africains engagent une transition agricole profonde : semis direct, agroforesterie et restauration des terres se multiplient pour répondre au climat et protéger les revenus ruraux. Le Sénégal s’inscrit dans cette dynamique aux côtés du Maroc, illustrant une Afrique qui cherche ses propres solutions agricoles durables.
Maroc : agriculture de conservation en première ligne
Le Maroc déploie le semis direct et l’agriculture de conservation pour limiter l’érosion des sols, économiser l’eau et stabiliser la production céréalière dans un contexte de sécheresses répétées. Ces choix s’inscrivent dans la stratégie Generation Green, qui vise une agriculture plus résiliente, moderne et créatrice de valeur pour les familles rurales.
Kenya : une agroforesterie pensée à l’échelle nationale
Au Kenya, une Stratégie nationale d’agroforesterie 2025‑2035 fixe un cadre clair pour intégrer les arbres dans les champs et les paysages agricoles. L’objectif est de renforcer la fertilité des sols, diversifier les revenus (fruits, bois, fourrage) et protéger les communautés rurales des sécheresses et inondations de plus en plus fréquentes.
Rwanda : restaurer les sols par les arbres
Au Rwanda, le programme Agroforestry Rwanda accompagne les agriculteurs pour planter et gérer des arbres au cœur de leurs systèmes de culture. Ces pratiques améliorent la structure des sols, fournissent bois énergie et ombre, et contribuent à la restauration de terres très érodées, tout en soutenant la sécurité alimentaire locale.
Éthiopie : des semences d’arbres pour des millions d’hectares
En Éthiopie, le projet PATSPO II renforce une filière de semences d’arbres de qualité destinée aux programmes nationaux de restauration. L’ambition est de restaurer plusieurs millions d’hectares de terres agricoles et forestières à l’horizon 2035, en combinant agroforesterie, reboisement et participation active des communautés paysannes.
Sahel : regreening et régénération menés par les paysans
Dans le Sahel, des approches comme la régénération naturelle assistée et les programmes de « regreening » ont déjà permis de reverdir de vastes superficies, notamment au Niger et dans d’autres pays de la Grande Muraille Verte. En protégeant les rejets d’arbres et en adaptant le pâturage, les paysans améliorent la fertilité, l’infiltration de l’eau et leurs revenus à faible coût.
Sénégal et Maroc : une dynamique africaine partagée
Le Sénégal participe à ces efforts de restauration et de gestion durable dans l’espace sahélien, tout en renforçant ses liens économiques et stratégiques avec le Maroc. N’oublions pas que le Maroc a déjà conclu l’an dernier de nouveaux accords de coopération avec le Sénégal pour développer les échanges autour du développement durable, de la sécurité alimentaire et des filières agro‑alimentaires, venant compléter les initiatives marocaines en agriculture de conservation.
Une question ouverte pour l’agriculture africaine
Entre semis direct au Maroc, agroforesterie en Afrique de l’Est, régénération des sols au Sahel et coopérations Sud‑Sud, l’Afrique trace sa propre voie agricole face au climat. Le vrai enjeu est désormais de diffuser ces solutions à grande échelle, jusqu’aux petites exploitations et aux familles rurales qui restent en première ligne des chocs climatiques et économiques.


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