Une récolte 2025 globalement bonne, mais pas assez pour revenir aux anciens prix
La campagne oléicole 2024/2025 s’annonce nettement meilleure que les trois précédentes grâce à une pluviométrie plus favorable et une floraison régulière dans plusieurs régions du Royaume. Cette amélioration a permis d’augmenter l’offre d’olives et de stabiliser le marché après des années très difficiles marquées par la sécheresse et la baisse de rendement. Les premières huiles apparaissent désormais entre 70 et 75 dirhams le litre, un recul significatif par rapport aux 90–110 dirhams observés l’année dernière.
Cependant, un retour aux prix de 40–50 dirhams, largement répandus avant les périodes de crise, reste improbable. Les producteurs expliquent que les coûts de production sont durablement plus élevés et que les risques climatiques rendent le marché plus fragile qu’auparavant.
Une demande internationale forte qui continue d’influencer les prix locaux
Malgré une bonne récolte, les prix ne sont pas uniquement déterminés par le marché intérieur marocain. L’Europe, et notamment l’Espagne, continue de souffrir d’une production réduite après plusieurs campagnes catastrophiques. Cette situation a entraîné une hausse de la demande d’huile importée, dont une part importante provient du Maroc.
L’intérêt croissant pour l’huile marocaine exerce un effet direct sur les prix nationaux, car une partie de la production est orientée vers l’export où les marges sont souvent plus avantageuses. Ainsi, même si l’offre locale s’améliore, la pression internationale empêche une baisse plus significative des prix pour les consommateurs marocains.
Les écarts de prix s’expliquent aussi par la qualité et le rendement des olives
Toutes les huiles d’olive présentes sur le marché ne se valent pas, et cela se reflète clairement dans les prix. Les premières pressions issues d’olives jaunes, récoltées avant la maturité complète, donnent une huile réputée pour sa qualité, son faible taux d’acidité et sa meilleure conservation. Leur rendement est cependant faible, ce qui justifie des prix plus élevés.
À l’inverse, les olives récoltées tardivement, plus mûres et plus noires, offrent un rendement supérieur mais produisent une huile plus forte, moins stable et parfois moins appréciée. Cela permet une baisse relative des prix, mais la qualité gustative et la conservation ne sont pas comparables. Pour de nombreux Marocains, habitués à consommer l’huile d’olive quotidiennement, la différence est essentielle et influe directement sur le choix du produit.
Une prudence persistante face au climat et aux risques futurs
Même si cette campagne s’annonce bonne, les producteurs marocains restent prudents. Les années récentes ont montré que la sécheresse peut rapidement faire basculer une saison. Les barrages restent à des niveaux préoccupants et la disponibilité en eau demeure fragile dans plusieurs régions oléicoles.
Cette incertitude pousse de nombreux acteurs à éviter une baisse trop forte des prix ou à conserver une partie de leur production en prévision d’une éventuelle mauvaise campagne en 2025/2026. Ce comportement préventif contribue également à maintenir les prix au-dessus des attentes d’une partie des consommateurs.
une baisse appréciée mais loin des niveaux historiques
Le marché marocain de l’huile d’olive entre en 2025 sur une dynamique plus positive, avec une véritable baisse des prix par rapport aux sommets atteints ces dernières années. Cependant, cette amélioration reste mesurée et ne permet pas de retrouver les tarifs qui dominaient avant les épisodes de sécheresse.
Pour les consommateurs comme pour les producteurs, l’année 2025 sera marquée par une stabilisation, un marché plus équilibré et une vigilance toujours nécessaire face aux risques climatiques et aux fluctuations internationales.


Leave a Reply