Un secteur fragilisé par la sécheresse prolongée
Au Maroc, le secteur agricole entre dans cette nouvelle saison avec de sérieuses inquiétudes : après sept années de déficit pluviométrique consécutives, les dégâts sur les terres, les réserves en eau, et la confiance des agriculteurs sont profonds.
Les barrages n’atteignent aujourd’hui que des niveaux très modestes, souvent bien en dessous du tiers de leur capacité, faute d’apports suffisants. Sans pluies solides dès les premiers mois, le spectre d’une huitième année difficile plane.
Le verdict des saisons passées
Lors de la dernière campagne (2024-2025), les pluies tardives de février et mars ont apporté un sursis. Elles ont permis de porter les réserves des grandes retenues à près de 40 %. Mais cela restait encore en deçà de la moyenne pluviométrique normale du pays.
À titre de comparaison, l’article rappelle une période extrême dans les années 1990 : entre 1994 et 1996, le Maroc a connu un contraste saisissant entre une année de sécheresse écrasante et une année très pluvieuse, démontrant la capacité de rebond quand les conditions climatiques sont favorables.
Peut-on espérer une reprise rapide ?
L’histoire illustre une “réversibilité” possible du stress hydrique, c’est-à-dire que quelques mois de pluies bien réparties pourraient remettre en marche une dynamique agricole positive. Toutefois, pour qu’un tel scénario se réalise, ces pluies doivent arriver tôt (novembre à janvier) et être suffisamment intenses pour relancer les nappes et remplir les bassins.
Mais les modèles climatiques pointent déjà vers une augmentation des extrêmes : années trop sèches, épisodes de pluies fortes mais irrégulières. Il devient de plus en plus risqué de fonder toute stratégie sur une “année miraculeuse”.
Adapter le modèle agricole à la nouvelle donne
Face à ce constat, plusieurs pistes émergent pour préserver le secteur :
Révision du calendrier agricole : décaler les semis ou repenser les périodes de culture pour s’ajuster aux pluies.
Innovations hydriques : investir dans la micro-irrigation, la collecte des eaux de pluie, et la recharge des nappes.
Planification anticipée : associer les données météorologiques (prévisions, indices) à la décision agricole.
Soutien public ciblé : renforcer les programmes d’appui aux agriculteurs vulnérables, encourager les pratiques durables, optimiser la gestion des barrages.
C’est dans ce contexte complexe mais plein de défis que s’ouvre la campagne agricole 2025-2026. Pour que les agriculteurs puissent investir et planifier avec davantage de confiance, l’arrivée de pluies salvatrices reste l’un des scénarios les plus attendus.



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