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Face à une pression hydrique croissante, le Maroc intensifie ses efforts pour garantir un accès durable à l’eau potable et soutenir l’agriculture. Entre grands barrages et stations de dessalement d’eau de mer, le Royaume poursuit une stratégie ambitieuse visant à sécuriser ses ressources hydriques à l’horizon 2030.

L’objectif est clair : atteindre une capacité annuelle de 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée d’ici 2030, dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027. Ce programme prévoit également la reprogrammation de certains barrages et l’accélération des chantiers prioritaires.

Malgré une légère amélioration récente, la situation reste préoccupante. De nombreuses zones rurales subissent encore des restrictions d’approvisionnement. Des mesures d’urgence, comme l’envoi de camions-citernes et le renforcement des investissements, ont été mises en place.

Côté barrages, le projet de Ratba à Taounate avance à 30%, avec une capacité de stockage proche d’un milliard de m³ et une mise en service prévue pour fin 2028. Ce barrage jouera un rôle crucial : alimentation en eau potable, irrigation des cultures, production d’énergie propre et prévention des inondations.

Mais le défi est aussi structurel. Sur les 154 grands barrages du Royaume, seuls 4,5 milliards de m³ ont été réellement mobilisés en 2024, à cause de l’envasement et de l’érosion. Le Maroc perd ainsi chaque année environ 50 millions de m³ de capacité de stockage.

Dans ce contexte, le dessalement devient un levier stratégique, notamment dans les zones côtières comme Casablanca, Agadir ou Dakhla, où il pourrait couvrir jusqu’à 50% des besoins en eau potable. Cependant, cette solution reste coûteuse et énergivore, et dépend encore des importations technologiques.

Enfin, plusieurs experts appellent à repenser la gouvernance de l’eau, jugée trop fragmentée pour répondre efficacement aux défis actuels. La souveraineté hydrique marocaine dépendra, selon eux, de réformes profondes, d’investissements massifs et de technologies adaptées aux réalités climatiques du pays.

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